samedi 16 février 2008

Le bénéfice du doute

En septembre dernier, la publication de la correspondance de Mère Térésa nous a appris à notre grand étonnement combien sa vie de religieuse fut troublée par la présence du doute permanent dans sa foi. Cinquante année de souffrances à vivre dans les ténèbres ! Etonnant, non ? Surtout lorsque l'on songe aux œuvres magnifiques accomplies par cette petite sœur de Calcutta!
Et pourtant, les catholiques les mieux renseignés ne seront pas tellement étonnés.
Thérèse de Lisieux, rentrée au couvent après la grâce de la Vierge au sourire et la conversion de Pranzini, passera toute sa courte vie de carmélite dans ce qu'on appelle "la nuit noire de la foi".
Et cette nuit noire est l'une des pièces du "Château intérieur" de Thérèse d'Avila qui a forcément dû la connaître pour pouvoir la décrire.
De quoi nous rendre ces habitants du Paradis finalement plus proches qu'on ne le pensait.
Jusqu'à ce Fils qui s'est écrié à l'ultime instant: "Mon Dieu, pourquoi m'as tu abandonné ?" Vous avez dit "doute "?

Je terminerai par une anecdote trouvée dans le livre de Frère Antoine "Une bouffée d'ermite" à propos de Mère Térésa.

La religieuse arrive avec une soupière de riz dans une famille pratiquant l'hindouisme :
"J'ai appris, dit-elle, que vous n'avez pas mangé depuis sept jours...?
- C'est vrai, ma mère, dit la mère de famille, mais repassez demain, car notre jeûne ne se termine que ce soir..."

3 commentaires:

Anonyme a dit…

felicitations

Pivoine a dit…

A une certaine époque (c'est un secret o;) j'ai eu comme livre de chevet la biographie de Thérèse de Lisieux, par François Six (...)

J'aime bcp ce livre, même si je ne sais pas s'il est dans la ligne de l'ordre du Carmel (il me semble qu'il ne se trouvait pas sur leurs sites, mais je n'y vais plus).

Il soutenait même qu'à la fin de sa vie, elle avait fait l'expérience de l'athéisme "le raisonnement des pires matérialistes" s'imposait à elle. Je regrette qu'on ait fait d'elle la sainte nunuche aux roses.

Cette femme de 24 ans qui lisait Jean de la Croix (moi, j'y suis pas arrivée, sauf pour les poèmes o;) était tout sauf nunuche.

Elles en fascinent d'autres. Vita Sackville-West (encore une poétesse) a écrit un essai sur les deux Thérèse, je voulais le lire à la Royale (ils l'ont), mais finalement, je ne l'ai pas eu et je ne l'ai plus redemandé...

(mé, heu, ça ce sont des préoccupations dont je ne me vante pas sur mon blog o;)

catherine a dit…

Merci Pivoine de laisser des commentaires même sur des vieux trucs qui n'en avaient pas reçu beaucoup!
Jean de la Croix et Thérèse d'Avila sont extrêmement difficiles à lire.
Il faut une sacrée connaissance de la mystique chrétienne ! ( Que je possède en toute modestie!)
Mais tous les saints, absolument tout ceux que je connais et j'en connais un lot, ont eu leur période de doute parfois très profond sauf peut-être Padré Pio.
Thérèse de Lisieux n'est pas et de loin, ma sainte préférée.
N'hésite pas à parler parfois de spiritualité sur ton blog, pourquoi pas! Il y a énormément de gens que cela intéresse.