mardi 17 mars 2009

Mes soeurs



Je pleure avec mes sœurs
Femmes seules
Mal mariées
Mal aimées
Abandonnées
Bafouées
Ignorées
Je pleure avec mes sœurs



Il faut qu'elles comprennent
Il faut qu'elles apprennent
L'indépendance
L'autonomie
La liberté d'être et de penser
Seules
Et debout



Il faut qu'elles soient femmes jusqu'au bout des doigts
Et elles n'ont besoin de personne pour cela
Je suis avec mes sœurs

Et celui qui viendra alors
Les respectera
et
Les aimera
Vraiment.



Une chanson pour accompagner celui qui viendra
ICI

photos Déviant Art
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7 commentaires:

Lorraine a dit…

Celui qui viendra, Marie Laforêt l'évoque très bien. Mais quelquefois, à force d'attendre, la femme ne le reconnaît pas, elle se trompe de silhouette, de personnage, et elle souffre alors, comme elle souffre! La Journée de la Femme vient à point pour rappeler qu'être seule et debout vaut mieux qu'être à deux et battue. Mais au commencement, qui songe qu'il pourrait devenir méchant, odieux, cruel? Amitiés, Catherine.

Pivoine a dit…

D'accord avec Lorraine. Se libérer d'abord, "il" viendra ensuite, peut-être. Il peut ne pas venir, du moins le croit-on, mais la vie n'est pas galère quand on est seul, pas toujours, y a des moments durs certes, mais pas que... L'amitié vient à point pour permettre au coeur de s'adoucir et faire des projets à deux ou trois. Il peut aussi venir, mais pas pendant le mariage, cela, je crois que c'est illusoire d'y penser...

Courage Catherine ! Et bisoux !

Bifane a dit…

Il y a déjà un long chemin pour qu'elles comprennent.
Il y en a un autre, plus long encore, pour qu'ils entendent.
Il faut espérer et oeuvrer en ce sens. Chaque pas compte, et le plus court n'est pas moins important que le plus long, plus démonstratif, plus spectaculaire, qui parfois se finit en trébuchement...
Surtout, il ne faut jamais se décourager. Et se méfier aussi des mille et une façons de contourner la chose, d'asservir la femme hypocritement, avec des alibis dérisoires à l'appui, des devoirs maternels à l'argument économique, de la fausse admiration à l'humour ciblé et faussement innocent.
J'ai peut-être l'air de défendre des partis pris fanatiques, mais en même temps, je vois si souvent les femmes travailler contre elles-mêmes par petites touches, et reculer de bonne grâce, là où des combattantes ont jeté leur vie en pâture pour gagner une bataille...
La mémoire courte est un grand problème, et l'insouciance peut avoir des conséquences plus graves qu'on imagine...
Pardon d'avoir été long. J'ai beaucoup aimé ton poème, son engagement essentiel, pas tapageur, qui pointe les faiblesses et les blessures où elles sont en effet. C'est difficile de combattre, en poésie, et de ne pas glisser dans le pathos ou le moralisme. Tu évites ces écueils avec brio, à mon goût...

Vallisnéria a dit…

"je pleure avec mes soeurs" disais tu sur le blog d'Arthi.
Pour moi c'est une illusion, on est toujours seul(e), et "pleurer avec mes soeurs" majore encore plus la solitude.
PS si ce que je ressens te paraît agressif ou blessant, voudrais tu le supprimer s'il te plaît ?

Désirée a dit…

Bifane: merci. J'ai l'air d'une mauvaise chienne de garde quand je rappelle que nos droits fondamentaux comme celui de disposer de nous-même, corps et âme, est un droit partout rogné. C'est insidieusement ainsi que tu le soulignes que l'on revient en arrière. Peut-être plus chez les jeunes femmes qui sont nées loin du temps où une femme mariée n'avait même pas le droit d'avoir un compte bancaire! Alors oui, tout semble acquis, mais s'il y a des "ils" qui marchent à nos côtés dans l'amour et le respect il y en a un paquet d'autres qui aimeraient bien reprendre le pouvoir sur nos vies. Il n'y a qu'à lire ici et là, il y a deux jours encore j'ai lu quelques phrases qui ont réveillé mon ulcère féministe, des hommes se plaignaient que "les femmes veulent tout". J'ai bien envie de leur rétorquer: "comme vous". Personnellement je ne veux que ce qui me revient de droit. Ma liberté. Et je rappelle que les féministes ne sont pas contre les hommes mais avec. Parce que le mouvement originel est un mouvement humaniste, hommes et femmes ne sont rien l'un sans l'autre. Je suis féministe, et mes poèmes sont là pour prouver à quel point j'aime mon complément masculin.

Vallisnéria a dit…

on met souvent toute une vie avant d'apprendre à être "autonome" parce qu'on ne veut pas accepter cette évidence de la solitude (qui a une connotation péjorative alors que c'est le principe de l'humain que d'être "seul")

juliette a dit…

Et moi je suis avec toi
Bises