mercredi 5 mars 2008

Roman noir


Je suis morte ce matin et mon corps gît inanimé au fonds du trou noir où tu l'as laissé.
Toi le Général-Majeur, tu as ordonné à ton soldat plume de tirer sur moi à bout portant.
J'ai perdu la lumière et j'ai été projetée hors de la spirale du temps.

Quelque chose d'étrange s'est produit alors pour donner le change.
Quelqu'un que je ne connais pas, a pris ma place et mon apparence.
Quelqu'un qui, dans ma vie, s'est installé, qui s'applique à me ressembler.

Elle n'est pourtant qu'une ombre sans âme, usurpatrice d'identité,
Mais elle joue si bien mon rôle que personne ne l'a remarqué.
Combien de temps cela va-t-il durer avant que ton crime ne soit démasqué?

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Quelle résonance, ça laisse plein d’images,comme une sorte d'écho, c’est magnifiquement exprimé. Très émouvant, beaucoup de justesse dans "lé cri" Amanieu

catherine a dit…

Merci pour ton commentaire, Amanieu. Je pensais bien que ce texte te parlerait !

Anonyme a dit…

C'est difficile.
de parler de ça.
je n'arrive pas (plus?) à m'exprimer.
je suis désabusée.
parfois on a l'impression de se regarder soi même n'est ce pas?
Alice

Anonyme a dit…

Un grand frisson!
Je ne veux pas prendre cette place, mais je veux bien que l'on prenne la mienne, où que l'on joue à me remplacer , quand les douleurs me brisent le corps !
Tu veux faire de la magie ( noire ?) , rire !

Anonyme a dit…

Cette personne
qui est morte ce jour là
tout au bout de la plume
est accrochée à l'idée
que tout s'est arrêté
et que la vie ne pourra passer
que lorsque le crime sera châtié.

Une autre alors est arrivée
pour combler ce fossé
cette panne d'identité
et dans la vie continuer
d'exister en pointillé.

Au dessus de tout cela
au plus profond,
il est un Etre calme
que rien jamais ne blessera .
Il attend simplement
que l'une et l'autre un jour
se réconcilient
et se donnent le droit
de dire :je suis tout cela
et je suis là
où sont posés mes pas .

Lise

Anonyme a dit…

se regarder, pire se regarder disparaître pour un mot, une phrase,
je comprends mieux "l'offense"