vendredi 21 mars 2008

Chemin de Croix


On a beaucoup parlé ces derniers jours de l'euthanasie, du droit ou pas de mourir assisté quand on en a fait le choix, quand la souffrance physique et morale n'est plus acceptable.
La souffrance et son acceptation me posent question.
Sans être doloriste, j'ai souvent constaté que la souffrance fait avancer, celui qui la porte et ceux qui l'entourent.
La souffrance qui s'installe dans une vie la transforme parfois radicalement.
Elle fait réfléchir, approfondir les questions restées en suspens, régler de vieux conflits.
L'entourage du souffrant évolue aussi.
Certains parents ou amis fuient au loin, d'autres se rapprochent.
Chez eux aussi, des questions se posent, des changements dans les relations s'imposent, de nouveaux liens se tissent ou s'approfondissent.

Pour moi, la vie est un chemin.
Chaque jour, il y a quelque chose à apprendre, quelque chose à recevoir, quelque chose à donner.
Ce chemin , il nous faut souvent du courage pour le parcourir, particulièrement quand une fin douloureuse se profile à l'horizon.
La crainte d'une déchéance physique, morale, psychologique nous saisit.
Pourtant, là-bas, tout au bout du bout de soi, il me semble qu'il y a encore quelque chose d'unique à vivre....à condition d'être bien entouré.
Pour cela, le développement d'un système performant de soins palliatifs offerts à tous, pris en charge par la sécurité sociale est indispensable.

Je ne suis pas en mesure de porter un jugement sur l'euthanasie et sur ceux qui la choisissent car je n'ai aucune idée de la réalité de leurs souffrances.
Je ne sais pas s'il faut légiférer ou pas.

Je dis seulement que moi, j'espère avoir le courage d'aller jusqu'au bout de mon chemin avec dans ma main, la main de ceux que j'aime.

Je dédie ce billet à Aude, petite princesse de 9 ans, et à ses courageux parents. Aude, portée jusqu'au bout par sa famille et toute une communauté d'amour, nous a montré à tous comment supporter un chemin de souffrance dans la Confiance et l'Espérance.

http://www.aude-samia.org/


5 commentaires:

Anonyme a dit…

Bonjour Catherine, je viens de te lire à la suite des billets d'Alain sur l'euthanasie et la spiritualité... Simplement pour rappeler que l'euthanasie est légale en Belgique! Mais que le cadre est strict et doit s'assortir d'un tas de précautions. En aucun cas, la demande d'euthanasie ne peut venir d'une autre personne que la personne strictement intéressée. Donc, moi, perso, je peux rédiger un testament de vie et le tenir à jour, en prévision du jour où je serai en agonie. Et il est très possible que je m'y résolve un jour. Pas tant qu'il y a espoir de guérison mais quand on connaît l'issue et surtout ce qui la précède... C'est ma décision, bien sûr. Et uniquement. Et tout comme je le dis chez Alain, cela ne devrait pas être antinomique des soins palliatifs...

(Pivoine)

Désirée a dit…

Je suis pour la liberté du choix. Mais à vrai dire je pense que l'euthanasie n'est que la résultante de l'échec des soins palliatifs. Comme le disent des personnes bien plus informées que moi, la demande d'euthanasie n'intervient que lorsqu'on ne sait plus traiter la douleur. Alors au lieu d'aider à la mort si nous aidions à la vie? En donnant des crédits à la recherche médicale par exemple.

Ce qu'il faut remettre à l'heure c'est que la douleur n'est prise en charge dans les hôpitaux que depuis quelques années. Je frémis à l'idée de tous les examens que ma fille subit dans le cadre de sa maladie, si tel n'était pas le cas...

catherine a dit…

Bonjour Pivoine
Bonjour et bienvenue Désirée!

Je vois qu'il y a une constante dans nos opinions, la nécessité absolue de
développer les soins palliatifs et la maîtrise de la douleur.
Bonnes fêtes de Pâques à vous deux!

Anonyme a dit…

Le regard de l'enfant n'est il pa le plus juste ..
N'est il pas celui qu'il nous faut retrouver ..
Pour apprendre simplement à passer en ce monde d'un pas léger
jusqu'au dernier .

Lise

catherine a dit…

Bonjour Lise et bienvenue,
Oui tu as raison ,garder sur toute chose un regard d'enfant...